Les raisons d'une âme éternelle
Depuis 1973, Monsieur Friedkin a révélé, à travers le miroir symbolique qu’est le cinéma, l’essence de cette pratique.
L’exorcisme n’est pas un véritable rite fantastique, diabolique ou magique, mais il reste quand-même une approche symbolique plutôt intéressante, marchant plus comme une éducation express ou comme une confession à cœur ouvert.
Finalement, ces ecchymoses spontanées, ces voix désincarnées, cette brutalité exprimée n’est rien d’autre qu’une expression explosive d’un mal-être, d’un traumatisme, d’un secret ayant gangrené l’esprit, puis le corps.
Une folie pour les plus cartésiens, une possession pour les plus religieux, c’est ce qui vient à l’esprit de ceux qui font face aux plus noires facettes de l’Homme, celles qui nous poussent à nous faire du »mal ».
Régan et la figure partennelle
Regan n’est pas possédée, elle a des troubles du comportement dûs à ce manque.
Regan se laisse mourir, à cause de son manque de repère et cette honte qui l’écrase.
Regan subit ces émotions qu’elle ne comprend pas.
Tout cela la pousse à changer, dégradant ainsi son innocence.
Quand Regan prend le crucifix et se mutile avec, elle exprime sa vérité : ce vide laissé par le cycle de la vie (le sacré) brisé (dû à l’absence de son père), lui paraissant être infâme, mais surtout invivable ; et ce rapport effrayant des changements de son corps. C’est son corps et son esprit qui lui font mal, une douleur insurmontable qu’elle vomit.
Le premier film d'horreur à se savoir
L’Exorciste n’est pas un film divin. C’est une expression vivante d’un mal-être jamais confié, exulté, soit exorcisé.
Le Père Karras n’est pas seulement une figure religieuse, il est aussi un soin pour le cœur d’une fille ayant ce manque maladif, rongeant petit à petit la petite fille qu’elle était.
Une petite fille qui se battra jusqu’au dernier instant, avant de laisser place à l’avenir.
