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Analyse de Obsession – Curry Barker

Un souhait venu d'ailleurs

Inspiré par la grande littérature d’antan, le motif des souhaits magiques proviennent de la nuit des temps.
Entre le célèbre Aladin ou la nouvelle anglaise « La Patte de Singe » ce deuxième long-métrage de Curry Barker revient aux origines, gardant ce principe fondamental que l’art n’est que la personnalisation de ce qui existe déjà.
Cependant, la vraie inspiration vient de plus loin.

Retour au 20e siècle, afin d’appréhender l’idée derrière celle-ci. Osho est un guide religieux, controversé, pour son regard bien pragmatique de l’hindouisme ayant fait naître un courant tenant son propre nom.

Toujours dans l’avant-dernier siècle, Osho écrit un conte ayant pour objectif de tenir un propos concret sur l’espoir du paradis des hindous.
Comme vous avez pu le voir, malgré le fait que la narration soit très éloignée dans sa forme, son fond est presque une réédition. On parle d’une course à l’or sur une montagne d’or. L’homme est fait pour espérer atteindre un graal, pas le découvrir. C’est ainsi que, ce qu’il a toujours espéré fini par le dévorer.

La raison de l'horreur

Non, Obsession n’est pas un film de possession ou de fantômes.
C’est une œuvre extrêmement terre-à-terre qui rejoint la direction narrative du précédent métrage de Curry Barker.

Pas de paranormal ici, il n’y a de fantastique que le comportement de l’autre.
Le fantasme d’un autre hante l’esprit d’une âme en peine.
Le mensonge fusionne avec le genre pour se transcender.
L’amour unilatérale détruit ce qu’est cet être sensible.
Tout ça jusqu’à un tunnel de folie et de violence qui ne sont que les conséquences d’un mirage dans la solitude.

Comme le genre nous l’a montré, à travers cette immense fresque dessinée, il n’y a pas de créature du lac ou de vampire dans les châteaux, il n’existe que l’impact du traumatisme et de la souffrance sur autrui que l’inconscience nous pousse à repartager.

Le saule n'est qu'un arbre

Peut-être vais-je briser le rêve d’enfance (de votre âge adulte), mais il n’existe pas de magie dans les films, hors celle qui est physique.
Briser une branche ne vous apportera ni l’amour ni l’argent.
Cependant, ce que ce souhait a apporté à Bear, c’est un déclic.

Non, elle n’a pas été soumise aux conséquences de son souhait, mais elle a été charmée par sa déclaration implicite. Tandis que tous les hommes ne veulent qu’elle et son physique, lui l’a aimé juste pour ce qu’elle est.

C’est donc comme ça que, la souffrance d’une femme en plein deuil (son père est sûrement mort depuis des lustres chez elle, c’est pour ça qu’elle ne rentre jamais) va se changer en une accroche douloureuse, une réalité sombre qui ne pourra se détacher, car celle-ci n’a jamais été pansée.

Bear n’est pas un sain, car il l’a aimée physiquement avant tout. En perdant son chat, il a perdu la dernière notion d’empathie, d’humanité qu’il avait, ce qui l’a amené à choisir l’égoïsme avant le partage. Pourtant, il l’a aimée comme un mari, sans jamais l’abandonner, malgré sa folie.

À noter aussi que, Nikki a sa manière « ensorcelé » Bear, en lui donnant la pierre de sa mère morte.

Une fin étrange

(La fin s’étend de la scène de la salle de bain au générique)

Alors que les vidéos de sa moitié tournaient en boucle dans la télé, soit l’esprit de Nikki ; Bear prend la décision de se sacrifier, afin de la libérer. Quelle magnifique preuve d’amour, qu’est l’offrande de sa vie pour autrui. Après le don ultime de soi, il n’y a plus rien.

Alors que les antagonistes, se trouvant dans les personnages des « amis » (car ils vont à l’encontre de la narration en créant des conflits, afin d’empêcher la naissance de leur amour) sont hors d’état de nuire, ils peuvent enfin rentrer dans leur intimité et se concentrer sur eux-mêmes.

Oui, Bear, malgré ce désir transformé en tourment frustrant, a offert ce qu’il était à Nikki : sa vie, son temps, son énergie et son mental. Cependant, cette foudre éternelle pour elle ne pouvait plus durer. 

C’est aussi valable pour Nikki. Ce n’est pas son intérêt de base qui s’est développé (toutes les femmes du film sont charmées par lui, donc si, elle avait de l’intérêt), mais elle a créé une attache à la seule personne sincère (même si, oui, dans la relation, il y a quand-même des intérêts physiques) qu’elle avait, dans le but de purger son deuil (on sait en plus que, sa mère est décédée).

De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas. Plus l’un est grand, plus l’autre sera facilement remplacé. Voici donc que, Nikki souhaite de rompre. Elle brise le bâton des souhaits et tout s’arrête. Pourtant, il est trop tard ! Il est trop tard, car leur idylle malsaine est allée trop loin, empêchant tout chemin de retour. Mais c’est en mettant fin à cette relation obsessionnelle, les rendant terriblement malheureux, que le véritable amour pouvait commencer. Il a démarré, mais ces deux êtres, comme Roméo et Juliette, n’étaient faits pour être ensemble.

Nikki hurle, car l’amour l’aveuglait. Elle hurle, comme un dernier cri, car elle l’aimait (oui, véritablement, la preuve, elle n’est plus sous le souhait qui n’est lui-même qu’un leurre narratif) et maintenant, elle est face à sa propre réalité.


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