Interprétation ou expiation ?
Foxcatcher reprend la tragédie marquante du monde de la lutte.
En transformant le rêve américain en malsaine emprise, ce libre biopic impose son œuvre dans la polémique.
Filmant le sport avec force et précision, respectant l’image de cet art, Bennett Miller approche la lutte d’un aspect plus intime.
Les corps se soulèvent, se bousculent et s’accrochent au sein d’un club bercé par les vices.
Rien n’est étrange, tout est sport, mais quand les intentions sont déséquilibrées au départ, il est difficile de performer sans y laisser des plumes, les plumes de son propre corps.
Jusqu'à la mort
Deux enfants qui ont connu la perte, la solitude et l’instabilité.
Comment en vouloir à celui qui ne peut se permettre de prendre les décisions ?
Dave Schultz était un champion. Mais la grandeur d’un sportif se reflète dans la grandeur de l’Homme.
Deux âmes, n’ayant que l’autre pour être dans cette existence, se ressentent sans avoir à parler.
L’orphelin qui s’exprime laisse l’enfant abandonné silencieux. C’est ainsi que, Dave Schultz a apporté le secret de cette affaire dans la tombe.
En préférant ne pas se prononcer, gardant ainsi son foyer à l’abri, il a perdu la vie
La naissance des croyances primaires
Le film s’établit sur une affaire controversée, terrible et forte, mais la narration apportée par le cinéma creuse dans le cœur d’un traumatisme.
« Foxcatcher » ou en anglais « le chasseur de renard » prend la casquette de coach et celle du symbole.
À savoir que, le renard est le symbole du changement, dans de nombreuses croyances. Il est l’animal faible qui a su être fort, malgré tout.
Dans ce long-métrage, le personnage clé tourne autour de trois notions : succès, évolution et mort (intérieure). Comme le renard, finalement ?
Ici, le corps évolue, performe dans le but de se trouver. La lutte est l’instrument d’une historie sur la souffrance, soit le rapport au corps et à l’esprit.