La vie n'a pas de prix, l'Homme lui en donne un
Voué à mourir dans l’indépendance des sorties de l’ombre, le cinéma de genre français (ici aussi belge) continue d’épater les cinéphiles, en projetant un regard rare, qu’aucun autre n’osera faire passer au devant de la caméra.
Ce n’est pas pour rien que la plupart des protagonistes ont un prénom commençant par »M », soit la lettre maudite, la lettre du mal, du malheur, si on pousse la réflexion plus loin.
Skender
Le regard éteint et l’estime vidé dans les affronts de la guerre, Skender achète sa rédemption et le don de ses camarades au prix de sa propre vie.
Malheureusement, malgré le fait que les bénédictions artificielles s’accumulent, il ne peut s’empêcher de poursuivre une douleur éternelle, presque nécessaire à ce qui reste de lui, afin de retrouver sa peine, ce qui faisait toute son essence.
La force laisse des traces indélébiles que, le genre ne peut qu’exploiter à brio, quand le rapport entre personnalité et ciné choisit l’angle optimal d’attaque.
Max
Dans un besoin curatif de soumission, le personnage de Max va s’enfoncer dans une spirale de questionnements dans laquelle il va se noyer sous son propre commandement.
Après avoir mené des hommes à la perte et à l’honneur, cet ancien sergent répétera ce pour quoi il est fait, dans un monde civil où, les règles sont, paradoxalement, désordonnées.
Dans sa quête à sa seule carence, l’homme affrontera, dans un mutisme intérieur, son dernier ordre : rappeler à tous que sauver n’implique pas forcément survivre.
Manon
Elle souffre, en silence, entassée avec des êtres purs, mais perdus.
Elle se retient de ne pas se laisser sombrer dans l’enclume que le quotidien lui tend. Manon pleure, mais elle continue d’aimer et d’espérer que son prince brisé vienne la sauver.
Pourtant, ça fait bien longtemps qu’elle ne croit plus en l’avenir, car celui-ci l’a bien trop trahie.
Elle s’accroche à des clefs qu’elle ne pourra jamais garder, aux derniers tintements, en regardant si ce même être n’est pas déjà parti.
Elle n’est pas tourmentée frontalement, mais ses blessures invisibles saignent encore et cette hémorragie ne s’arrêtera jamais.
''Madame''
Traquée pour ce qu’elle était comme si sa carence était une chance, elle a acheté la vie, en pensant pouvoir tout se payer.
Malheureusement, celle-ci ne lui a pas donné de véritable valeur et rapidement l’escalade de la curiosité, du manque d’empathie sont devenus des sources de son dépassement des normes, des limites ainsi que de sa propre morale.
Cependant, face à son marchandage ou à ses richesses innombrables, il ne lui manquait qu’un seul bout du chemin pour pouvoir trouver sa voie.
Le goût du sang cherchera l’artère du cœur dans le seul objectif de pouvoir le trouver.
